
Un réchaud à gaz pour une nuit en bivouac léger n’est pas celui qu’il faut pour cuisiner à quatre au pied d’un fourgon. Le poids, la stabilité, la tenue au vent et au froid ne pèsent pas de la même façon selon la sortie. Voici les familles de réchauds et les critères pour s’y retrouver.
Les trois grandes familles
- Le brûleur à visser sur la cartouche : minuscule, souvent moins de 100 g, il se glisse dans la popote. Il est sensible au vent et peu stable avec une grande casserole.
- Le système intégré : un brûleur et une tasse à échangeur de chaleur qui s’emboîtent. Il fait bouillir l’eau très vite et résiste mieux au vent, mais sert surtout à cela.
- Le réchaud déporté : le brûleur, bas et large, est relié à la cartouche par un tuyau. Plus stable, il accepte de vraies casseroles et permet d’utiliser un pare-vent.
S’y ajoutent, pour le camping en véhicule, les réchauds à un ou deux feux sur cartouche ou bouteille, lourds mais confortables.
Selon votre sortie
- Randonnée à la journée, boisson chaude : brûleur à visser ou petit système intégré.
- Bivouac léger, repas lyophilisés : système intégré, ou brûleur à visser avec une popote en titane.
- Trek de plusieurs jours, vraie cuisine : réchaud déporté, plus stable et plus économe avec un pare-vent.
- À plusieurs : réchaud déporté et casserole de 1,5 à 2 litres.
- Hiver, altitude : réchaud à régulateur de pression, ou réchaud déporté qui permet de retourner la cartouche quand le fabricant le prévoit.
- Camping en voiture ou en fourgon : réchaud à deux feux.
Le gaz et le froid
Les cartouches à valve, au standard EN 417, contiennent un mélange de butane, d’isobutane et de propane. Le butane ne se vaporise plus quand la température approche de 0 °C ; l’isobutane tient jusque vers −10 °C, le propane bien au-delà. Par temps froid, choisissez des cartouches « hiver » riches en isobutane et en propane, gardez la cartouche au chaud dans le sac de couchage avant usage et isolez-la du sol. Une cartouche presque vide perd aussi de sa pression : un régulateur compense en partie.
Les critères à comparer
- Le poids du réchaud, mais aussi celui du gaz emporté : un modèle économe se rattrape sur plusieurs jours.
- La stabilité : largeur des supports de casserole et hauteur de l’ensemble.
- La tenue au vent : le vent est le premier facteur de surconsommation.
- Le réglage de la flamme, important si vous faites mijoter.
- L’allumage piézo : pratique, mais emportez toujours un briquet.
- Le rangement : vérifiez que le réchaud et une cartouche de 100 g tiennent dans votre popote.
Le choix de la casserole compte aussi : en véhicule, où le poids ne compte pas, les ustensiles en fonte ont leur place.
Gaz et monoxyde de carbone
- N’utilisez jamais un réchaud dans une tente ou un abri fermé : la combustion produit du monoxyde de carbone, un gaz inodore et mortel. Sous une abside, seulement largement ouverte et sous surveillance constante.
- Posez-le sur un sol plat, dégagé, loin de la toile et des herbes sèches.
- Ne placez pas de pare-vent fermé autour d’un brûleur vissé sur sa cartouche : celle-ci peut surchauffer.
- Vérifiez le joint et vissez sans forcer ; une odeur de gaz impose de tout arrêter.
- Changez de cartouche loin de toute flamme.
- Renseignez-vous sur les interdictions de feu : en période de risque d’incendie, des arrêtés peuvent proscrire tout appareil à flamme.
Les cartouches vides. Une cartouche ne se jette ni dans la nature ni avec les ordures ordinaires. Rapportez-la et déposez-la dans un point de collecte ou en déchèterie, selon les consignes locales.
Sources
- Santé publique France, Monoxyde de carbone.