Normes électriques et plomberie d’une cuisine d’été : l’essentiel

Normes électriques et plomberie d'une cuisine d'été : l'essentiel
Crédit : sydana.com

L’eau, l’électricité et le gaz sont ce qui distingue une vraie cuisine d’été d’un barbecue posé sur la terrasse. Ce sont aussi les trois postes où l’improvisation est dangereuse. Sans remplacer les textes ni l’avis d’un professionnel, voici les règles à connaître avant de dessiner le projet.

L’électricité : la norme NF C 15-100

En France, les installations électriques des logements, extérieurs compris, relèvent de la norme NF C 15-100. Pour une cuisine de jardin, les points essentiels sont les suivants.

  • Une protection différentielle 30 mA sur tous les circuits extérieurs : elle coupe le courant en cas de fuite vers la terre.
  • Un circuit dédié, protégé par son propre disjoncteur, plutôt qu’un prolongement d’une prise du salon.
  • La mise à la terre de toutes les prises et des appareils métalliques.
  • Du matériel étanche : prises, interrupteurs et luminaires portent un indice de protection adapté à l’extérieur, IP44 au minimum, davantage pour un emplacement exposé aux jets d’eau ou à la pluie battante.
  • Des prises à capot, placées en hauteur, à l’écart de l’évier.

Les câbles enterrés

  • Un câble prévu pour l’extérieur, de type U-1000 R2V, de section adaptée à la longueur et à la puissance.
  • Une gaine de protection rouge (TPC), réservée à l’électricité.
  • Une tranchée d’au moins 50 cm de profondeur, portée à 85 cm sous un passage de véhicules.
  • Un grillage avertisseur rouge, posé une vingtaine de centimètres au-dessus de la gaine.
  • Une distance d’au moins 20 cm avec les autres canalisations.

La chute de tension augmente avec la longueur : sur une grande distance, la section du câble doit être calculée.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • alimenter la cuisine par une rallonge laissée à demeure ;
  • installer du matériel d’intérieur sous un auvent ;
  • enterrer un câble sans gaine ni grillage ;
  • brancher un réfrigérateur, un chauffe-eau et une plancha électrique sur la même prise.

Faire réaliser ou vérifier l’installation par un électricien est le choix le plus sûr.

L’alimentation en eau

  • Une canalisation enterrée hors gel : la profondeur dépend du climat, de l’ordre de 60 à 80 cm en plaine, davantage en montagne.
  • Un matériau adapté : tube polyéthylène ou multicouche prévu pour l’eau potable, avec un grillage avertisseur bleu.
  • Une vanne d’arrêt et une purge au départ, côté maison, pour vider le circuit avant l’hiver.
  • Un dispositif anti-retour : l’eau d’un tuyau extérieur ne doit pas pouvoir refluer vers le réseau d’eau potable.

Pour un usage saisonnier, un raccord démontable sur le robinet de jardin évite la tranchée. C’est la solution décrite dans l’évier de jardin sans gros travaux.

L’évacuation des eaux usées

L’eau de l’évier est une eau usée domestique.

  • Elle se raccorde au réseau d’eaux usées de la maison : tout-à-l’égout ou installation d’assainissement individuel.
  • Jamais au réseau d’eaux pluviales, ni au fossé, ni dans un puisard creusé pour l’occasion.
  • La canalisation est en pente continue, de l’ordre de 1 à 3 cm par mètre.
  • Un siphon bloque les odeurs.
  • Un bac à graisse peut être utile si l’évier reçoit beaucoup de vaisselle grasse.

Le gaz

  • Bouteille de butane ou de propane : le butane ne se vaporise plus par temps froid, le propane se stocke obligatoirement à l’extérieur.
  • Un détendeur adapté au gaz et à l’appareil.
  • Un tuyau flexible conforme à la norme NF, dont on respecte la date limite quand il en porte une, et que l’on remplace au moindre signe de craquelure.
  • Un logement de bouteille ventilé, en partie basse : le gaz est plus lourd que l’air.
  • Un test à l’eau savonneuse à chaque changement de bouteille.

Un raccordement fixe au gaz de ville est l’affaire d’un professionnel qualifié.

Eau et électricité ne font pas bon ménage. Éloignez les prises du point d’eau, ne faites pas passer de câble sous l’évier sans protection, et prévoyez une pente du sol qui écarte l’eau des appareils.

Les autorisations

Les réseaux eux-mêmes ne demandent pas d’autorisation d’urbanisme, mais la construction qui les accompagne peut en exiger une : au-delà de 5 m² d’emprise au sol pour une construction couverte, une déclaration préalable est généralement nécessaire, et un permis au-delà de 20 m². Le plan local d’urbanisme peut être plus strict. Renseignez-vous en mairie.

Avant de creuser

Repérez les réseaux déjà enterrés, tracez les tranchées au plus court, et posez dès maintenant les gaines des équipements à venir, comme l’éclairage ou le réfrigérateur. Leur coût est à inscrire dans le budget de la cuisine d’été, et la purge annuelle dans la liste d’hivernage.

Sources

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